Des cimetières et de la crémation : une histoire française (La vie)

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Évolution des pratiques funéraires en France, de la fermeture des cimetières urbains à la naissance du cimetière moderne tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Tout commence en 1780, quand le Parlement ordonne la fermeture du cimetière des Innocents à Paris, devenu insalubre. Les restes de quelque six millions de défunts sont progressivement transférés dans les catacombes, bénies en 1786. Cette décision enclenche une réforme profonde. En 1804, Napoléon signe le décret Frochot, qui sécularise les cimetières, les installe hors des villes, confie leur gestion aux communes et crée le système des concessions individuelles, toujours en vigueur.

Le Père-Lachaise, conçu par l’architecte Alexandre Théodore Brongniart et inauguré le 21 mai 1804, est le premier cimetière né de cette nouvelle législation. Rapidement, ces lieux deviennent des espaces de promenade et de recueillement, reflets des modes architecturales de leur époque. Dès 1808, un premier guide touristique des cimetières parisiens est publié.

La crémation, interdite depuis plus de mille ans, est légalisée en 1887. Le premier crématorium français est érigé au Père-Lachaise ; la première crémation y a lieu en janvier 1889. L’Église catholique s’y oppose vigoureusement avant de l’admettre en 1963, tandis que le judaïsme et l’islam continuent de l’interdire.

Aujourd’hui, ceux qui ne peuvent financer une concession bénéficient d’un emplacement gratuit de cinq ans dans le terrain commun communal, leurs restes rejoignant ensuite un ossuaire collectif.

La Vie, hors-série « La mort et l’au-delà », octobre 2025