Flânerie dans six rues gourmandes de la capitale (Le Figaro Scope)

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Paris regorge d’artères où se succèdent primeurs, cavistes, boulangeries et bonnes tables. Le Figaro Scope en a sélectionné six, chacune avec sa personnalité propre.

Rue de Bretagne (3e), la plus sucrée. Devenue le poumon commerçant du haut Marais, cette rue s’est imposée comme une destination gourmande incontournable. Le Marché des Enfants Rouges en reste l’épicentre historique, mais c’est la pâtisserie qui y règne désormais en maître, avec des enseignes prestigieuses comme Pierre Hermé, Jean-Paul Hévin ou Ladurée. Épiceries fines, fromagers et traiteurs du monde complètent une offre particulièrement dense.

Rue de Seine (6e), la plus esthétique. Artère emblématique de Saint-Germain-des-Prés, bordée de galeries d’art et d’hôtels particuliers, elle concentre une belle sélection de tables allant du bistrot sourcé à la gastronomie, en passant par des adresses japonaises, thaïlandaises et américaines. Les amateurs de thé, de chocolat et de pâtisserie y trouveront également leur bonheur.

Rue de Lancry (10e), la plus bobo. Colonne vertébrale du quartier du canal Saint-Martin, elle mêle boucheries engagées, néobistrots mythiques et cuisines du monde. Le Verre Volé y fait figure d’institution, tandis que les dernières ouvertures en pâtisserie et en street-food asiatique confirment la vitalité du quartier.

Rue Jean-Pierre-Timbaud (11e), la plus éclectique. Longue artère reliant le haut Marais au bas Belleville, elle propose un panorama complet : boulangeries primées, caves à vins nature, cuisines levantine, mexicaine, singapourienne, africaine ou japonaise, et plusieurs bistrots d’auteur. Une rue qui illustre bien la diversité culinaire parisienne contemporaine.

Rue Daguerre (14e), la plus parigote. Ancien poumon de Montparnasse, rendue célèbre par la cinéaste Agnès Varda qui y vécut soixante-dix ans, cette rue en partie piétonnisée cultive une atmosphère de marché de village. Fromagers, cavistes et bistrots traditionnels y côtoient des cantines créoles, vietnamiennes ou marocaines, dans un esprit de proximité typiquement parisien.

Rue des Dames (17e), la plus dynamique. Dans le quartier des Batignolles en plein essor, cette artère voit s’ouvrir de nouvelles adresses presque chaque semaine. Bistrots, pizzerias napolitaines, crêperies, épiceries fines et bars à vins s’y disputent les pas-de-porte, dans une ambiance jeune et animée.

En marge de ce tour de piste, la critique gastronomique Emmanuel Rubin consacre sa chronique à la reprise discrète mais réussie de l’Improviste, rue Médéric dans le 17e, par le chef Jean-Marc Notelet. Une cuisine bistrotière franche et savoureuse, dans un cadre chargé d’histoire. Trois autres adresses sont également signalées : Nobisan, pour ses temakis irréprochables rue de Turenne ; le Comptoir Lazu, annexe décontractée du bistrot Lazu dans le 9e ; et le Petit Bao Ternes, sixième déclinaison parisienne de la Bao Family.

Alice Bosio et François Blanc, Le Figaro Scope, 26 septembre 2025